Jérôme SAVARY, directeur de l’Opéra Comique.

Publié le par groupesymphonia

Un gros cigare à la bouche, colérique et ayant le verbe haut, Jérôme Savary est né à Buenos Aires (Argentine) le 27 juin 1942, d’un père français et d’une mère américaine. Il arrive en France après le divorce de ces parents.« J’étais le cadeau de mon père à ma mère pour leur divorce… ». Il étudie au Collège Cévenol au Chambon sur Lignon (haute Loire). Il raconte : « Il y avait une troupe de théâtre qui venait  trois fois par an. Elle était dirigée par Jean Dasté, le créateur du premier centre dramatique. Ils jouaient les grands classiques dans le cinéma du village et se changeaient dans l’hôtel restaurant d’à côté. Je collais mon nez à la fenêtre et je voyais des princesses en robes à balconnet, des vieux rois prêts à jouer Shakespeare. C’est de là qu’est venu mon désir de faire du théâtre. ». Mais très jeune, il retourne à Paris pour apprendre la musique et  fait des études à Art Déco.

Jérôme SAVARY Photo SIPA

Jérôme SAVARY Photo SIPA

A 19 ans, il part pour New-York avec la photographe attitrée des jazzmens. Il y fait de belles rencontres, comme celle de Count Basie et Thelonious Monk.

En 1962, il retourne en Argentine pour faire son service militaire puis travaille à Buenos Aires comme illustrateur de dictionnaire et dessinateur de bandes dessinées.

De retour à Paris en 1965, il s’installe dans le quartier Mouffetard et découvre le théâtre dans la communauté des argentins de Paris. Il fonde la même année sa première compagnie, qui deviendra le Grand Magic Circus. «  Mon meilleur souvenir, c’est la première fois que je rempli une salle avec le Magic Circus, Il y avait 600, 700 personnes qui sont restées une heure et demi, sans partir à l’entracte. Mon cauchemar, ce serait de voir une salle vide après l’entracte. ». Chose que Jérôme Savary n’a jamais vécu.

En 1982, il est directeur du nouveau Théâtre Populaire de Montpellier. Il est ensuite nommé à Chaillot en 1988, avec l’appuis de François Mitterrand. « Je suis arrivé à Challiot dans un théâtre qui avait un fond de roulement négatif. A mon départ, j’ai laissé 12 millions de francs dans la caisse. J’avais appris en 12 ans à gérer un théâtre ! (…) L’année dernière, à l’Opéra-Comique avec « La vie Parisienne », qui a fait environ 1 million d’euros de bénéfices, j’étais le troisième employeur d’intermittents du spectacle, derrière Euro-Disney et l’Opéra de Paris.».

Jérôme SAVARY Photo Le Figaro

Jérôme SAVARY Photo Le Figaro

Vous l’avez compris, après ses succès à Chaillot, Jérôme Savary est nommé, en 2000, à la direction de l’Opéra Comique, salle en pleine déconfiture financière. « J’ai découvert assez vite que sans subventions, il était très difficile de durer. (…) A Chaillot, nous avions ce qu’on appelle un budget artistique, c'est-à-dire une marge financière qui nous permettait d’investir et de perdre sur chaque spectacle. Un théâtre subventionné, ce n’est pas pour subventionner des fauteuils vides. C’est pour offrir un théâtre de qualité à des prix moindres que dans le privé. A l’Opéra-Comique, nous n’avons pas l’ombre d’un budget artistique. C’est le public qui paie les productions.». Il ajoute « Depuis 2000, mon bilan est totalement équilibré, ce qui est un pur miracle pour un théâtre qui n’a pas de budget de création. ».

Il reçoit en 1987 le Molière du spectacle musical pour « Cabaret ».

En janvier 2005, la salle Favart est devenue un Théâtre national, avec statut d’établissement public à caractère industriel et commercial (Epic). Jérôme Savary a été logiquement reconduit dans ses fonctions.

En 2007, il a alors soixante-cinq ans et doit quitter la direction. Il est remplacé par un autre Jérôme, Jérôme Deschamps, le 27 juin de la même année.

Lui, à la retraite, mais non, il dirige sa propre structure de création théâtrale, « La boite à rêves » basée à Béziers, dans le théâtre des Franciscains.

Jérôme SAVARY photo L'Obs

Jérôme SAVARY photo L'Obs

Il meurt le 4 mars 2013 des suites d’un cancer, à l’age de 70 ans. Il est enterré au columbarium du Père-Lachaise (case 392).

Il fut chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier des Arts et des Lettres.

Il fut comédien en 1965 et interpréta « Ubu roi » d’Alfred Jarry.

Il fut metteur en scène à partir de 1965, « Les boites et l’invasion du vert olive » de Jérôme Savary, « Le labyrinthe » de Fernando Arrabel, « Oratorio macabre du radeau de la méduse » de Jérôme Savary et « Os Montros, sao Paulo.

 

Robert R

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