Gabrielle Robinne et le théâtre de Montluçon !

Publié le par Aline D

Notre théâtre porte le nom de Gabrielle Robinne, mais qui était-elle ?

Elle est née en 1886 à Montluçon. Personne ne se doutait alors qu'elle deviendrait l'une des femmes les plus renommées et les plus adulées de son époque pour ses talents de comédienne et ... d'actrice de cinéma.

C'est sa maman, Joséphine Gabrielle Bastien qui la première détecte ses talents de comédienne. Elle encourage son goût pour le théâtre et habitant alors Paris, lui fait passer des concours de diction qu'elle remporte. Elle interprète son premier rôle à l'age de dix ans et cinq ans plus tard elle passe une audition avec Maurice De Férandy de la Comédie française, audition très prometteuse.

Malheureusement elle échouera au concours du Conservatoire en 1903... Ce qui ne l'empéchera pas de débuter une longue carrière théâtrale, très réussie, de soixante années.

Dés 1904, elle joue aux côtè de sarah Bernhardt puis commence ses tournées internationales. Un photographe Léopold Reutliger fera beaucoup pour sa popularité avec utilisation de son image pour les cartes postales ou des publicités... Gaby la blonde devient alors gabrielle Robinne. Elle rentre à la Comédie française, en devient sociétaire en 1924 et y reste jusqu'en 1938.

Photo : http://fotki.yandex.ru/

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Entre temps, elle épouse, en 1912, un jeune comédien René Alexandre mais dés 1908, elle interprète le rôle de la Marquise de Noirmoutier dans ''L'assassin du Duc de Guise'', un ''film merveilleux'' aux dires de David Griffith, cinéaste américain. Elle ne délaissera plus les plateaux de cinéma tournant une quarantaine de films (muets ou sonores) jusqu'en 1946.

Mais Gabrielle Robinne garde Montluçon dans son cœur et vient régulièrement y visiter ses grands-parents et sa tante Berthe Nastien, professeur de piano. Le 13 janvier 1914, à la demande de Paul Constant, elle accepte d'inaugurer le nouveau théâtre conçu par Gilbert Tabourdeau. Ce jour là elle joue avec René Alexandre ''Le voleur'' d'Henry Bernstein.

Malheureusement la guerre éclate et tout devient plus tragique. René Alexandre est mobilisé et les théâtre fermes. Gabrielle revient alors à Montluçon et pendant deux ans, elle sera aide anesthésiste. En 1916, on lui demande de remonter sur les planches pour participer au théâtre des armées.

Lorsque la paix revient, Gabrielle et Alexandre reprennent leurs carrières. A plus de cinquante ans passés en 1938, Gabrielle quitte la Comédie Française et enchaîne les tournées en France et à l'étrangers. Elle poursuivra cette brillante carrière même pendant les années sombres de l'occupation. René Alexandre, d'ascendance israélite se voit alors écarté.

Tout au long de leur carrière Gabrielle et Alexandre ont cherché à aider les autres moins heureux qu'eux pendant les conflits bien entendu mais aussi en dehors.  Ils ont aidé tous ceux qui avaient besoin, les veuves bien sûr mais aussi tous ceux dont la carrière a été brisée par les conflits... ou par l'age. Ils sont parmi les fondateurs de l'Association des Artistes Dramatiques qui créent des maisons de retraite pour les artistes dont celle de Cusset. On retrouve aussi l'actrice à la tête de l’œuvre des enfants d'artistes et de l’œuvre des Orphelins des Arts Dramatiques.

Malheureusement, elle aura la douleur de perdre en 1946 son époux. Elle surmontera l'épreuve dans le travail et acceptera en 1967 d'inaugurer le théâtre municipal rénové à la demande du maire Jean Nègre. Le 17 novembre 1967, cinquante trois ans après la première inauguration, c'est un public debout qui lui fait une formidable ovation.

Et ensuite ?

Elle vit retirée à Saint Cloud, dans son hôtel particulier, elle est faite chevalier puis officier de la Légion d'Honneur et rédige ses souvenirs, ''Mais si la vie est drôle''. un dernier hommage lui sera rendu à la ''Cinémathèque Française'' par tout le gratin du septième Art venu assister à la projection de la copie rénovée de ''L'assassinat de Duc de Guise''. Un mois plus tard, le 18 novembre 1980, elle s'éteint au milieu des siens. Le monde écrit alors ''Avec Gabrielle Robinne disparaît la dernière grande comédienne de la maison de Molière''.

Photo :http://kebekmac.blogspot.fr/

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Et l'hommage de Montluçon ?

Il est beaucoup plus modeste. en 2001, une modeste allée dans le quartier de Rimard, mais heureusement en 2006, un théâtre municipal rénové est dédié à cette grande dame.

Inauguration théâtre G Robinne en 2006 avec Audrey TAUTOU

Inauguration théâtre G Robinne en 2006 avec Audrey TAUTOU

Elle est inhumée aux côtés de son mari dans le cimetière de Saint-Cloud.

Vous y trouverez aussi la tombe de Maurice Yvain ...

Didier V

Didier V

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